Pendant plus de 13 ans, j'ai principalement roulé en rallye, avec 4 autos différentes :
- De 1992 à mi-1996 : ma première GT Turbo achetée de série, j'avais mis un arceau, des baquets et des harnais et l'affaire était jouée. Le jeudi j'enlevais l'autoradio pour aller faire le rallye et je le remettais le lundi. On se déplacait par la route. J'ai bien vite compris que ce n'était pas une solution et j'avais acheté une vieille 4L pour aller au boulot et économiser la GT. Cette auto était grise et rouge, je n'ai pas de photo numérique. Il y a eu quelques résultats sympas par rapport aux moyens engagés mais jamais de coup d'éclat vraiment visible pour ceux qui ne nous cotoyait pas de près, et aussi quelques fossés !
Elle a fini sa carrière par un choc frontal contre le mur du cimetière de Talencieux avec 180 000 kms au compteur. La caisse était morte, je pensais que la fin de ma carrière rallystique était arrivée. Finalement, j'ai vendu les pièces qu'il me restait et quelques mois plus tard, je pouvais aller chercher ma nouvelle GT.
Le plus marrant pendant cette période est que j'ai fait le scratch de la première montée de la course de côte de Tournon en 1994. En effet, après le passage des double-montes dont je faisais partie et des premières autos, la pluie s'est abattue sur la course et j'avais le meilleur temps !! Personne n'en croyait ses oreilles, même pas moi !! Finalement, j'avais fini 11e au général et 3e du groupe, les grosses autos s'étant fachées dans la 2e montée...
- De fin 1996 à mi-2002 : Après ma sortie du rallye d'Annonay, nous sommes allés chercher une GT dans les environs de Tours ce qui a été une grosse erreur qui m'a pénalisé très longtemps. En effet, même le jour de l'achat j'avais l'impression de me faire avoir, l'avenir me le confirmera. J'avais tellement honte de l'avoir que dès le retour à la maison je l'ai démontée pour refaire au moins la peinture. Finalement le reste était dans le même état que l'extérieur et j'ai eu pas mal de soucis de fiabilité durant plusieurs années, et vu que notre budget était ridicule on refaisait du neuf avec du vieux... ça ne marche pas ! Malgré tout, il y a eu à cette époque quelques belles perfs notamment une 6e place de classe sur une trentaine de GT au Gap Racing en 97, des temps dans les 20 et quelques passages qui restent encore dans ma mémoire et celle de mes copilotes !
L'an 2000 a était une année sympathique, l'auto était fiabilisée et les résultats étaient toujours aux environs de la 35-40e place dans des régionaux de 150 voire 180 partants (Ain-Bugey) avec quelques coups d'éclats sur une spéciale, on sentait que ça allait venir !
2001 et 2002 sont certainement les meilleures années de ma carrière, l'auto n'était pas au top mais un peu plus performante et surtout fiable, en plus, je la connaissais par coeur tant en mécanique qu'en pilotage. On faisait des trucs de fou avec et souvent on avait des félicitations de spectateurs ça fait plaisir ! Tout à commencé début 2001 avec mon premier temps de groupe à égalité avec Duc et Clément, devant Leroy et Mouchet (on a fait pire comme référence !...), Ce jour là malheuresement l'échangeur lâcha et nous avons rétrogradé au classement mais le regard des autres avait changé, on était passé d'un bon équipage a quelqu'un de difficile a battre. Ensuite, systématiquement en bagarre devant pour la place de première GT (St Marcelin 2001, Picodon 2001, Vaison 2002...), il y a eu plusieurs podium de groupe (Vaison, Vendanges...) et surtout le Groupe N en 2002 au rallye de l'écureuil assortie d'une 7e place au scratch.
A cette époque, c'était "no limite" l'auto ne valait quasiment rien, on pouvait la casser, j'avais l'habitude de dire que je la sortirai qu'une fois !.......... Et je l'ai fait !!!! Au St Marcellin 2002, je souhaitais bien faire, le premier temps des GT dans l'ES 1 aidant, je voulais encore taper fort dans la 2 et on a tapé fort..... dans un trou ! Bilan : caisse HS, de toute façon tout le monde me disait qu'elle était trop vieille et fatiguée ! C'était la fin de la GT Bleue qui était annoncée depuis quelques rallyes, la limite était très près mais c'était le risque à prendre pour faire des résultats.
Dernière photo de la GT Bleue !
- De fin 2002 à mi 2003 : début 2002 Laurent Imbert m'avait donné une caisse arceautée de GT qu'il voulait jeter, il m'a dit "tu la prends ou c'est poubelle !" donc j'avais de quoi remonter l'auto, il faut dire qu'a l'époque de la GT c'était un véritable magasin à la maison j'en avais 2 ou 3 en pièces (racheter des épaves était un bon moyen de courir pas cher !). Il y avait du boulot sur cette caisse (marbre, soudure, etc) mais le jeu en valait la chandelle car elle avait un arceau POINT au top. C'est ainsi qu'est née ma dernière GT, la orange :
La première course fut prudente mais j'avais vite vu le potentiel de cette auto par rapport à l'autre au niveau du chassis, en effet, sans forcer nous avons fini le picodon 25e au général et 2e GT pas très loin du premier. Ce fut confirmé aux Vendanges 2002 et surtout au Vaison 2003 en bagarre pour la 1ere place des GT avec Catelan jusqu'au dernier kilomètre. Lors de la dernière spéciale, nous avions fait les 12e et 13e temps scratch avec Catelan (2 et 3 du groupe N), il l'avait emporté pour 3 secondes. Tout cela devant la meute des Clio Williams et des Clio RS réputées bien plus rapides que nos GT en principe. Nous étions retombés dans l'attaque à outrance mais que c'était bon !!...
A la caillette 2003, un excès d'optimisme pour tenter de remonter sur la 1ere GT nous a fait nous envoler sur une bosse dans un sous-bois, l'atterrissage fut rude et surtout sur le toit !! J'ai donc pris la décision de refaire le pavillon et de changer de monture car nous étions trop souvent sur le fil depuis un an et il n'était pas dans mes habitudes de sortir 2 fois violemment en 8 mois ! Il fallait passer à autre chose. La GT fut vendue à Marc Reynaud et continue toujours sa carrière aujourd'hui...
Fin 2003 à fin 2005 : Courant mai 2003, j'ai acquis une 309 F2000/14, aprés quelques bricoles sur cette auto, j'ai pu débuter au Trièves. Ces débuts furent catastrophique, je ne rentrais pas une vitesse et les temps était tout sauf à la hauteur d'une auto qui avait le potentiel pour finir aux environs du top 10 !
Il y avait du boulot sur les réglages et il fallait aussi s'habituer à une vraie voiture de course avec sa boite 6 et ses 200 CV. Il y eu un mieux au Picodon ou nous avions fini 19e au général avec Vincent Groulier puis de nouveau un rallye catastrophe aux Vendanges où nous avions abandonné car après un 360 ° en 5e je n'avais pas été foutu de me remettre dans le bain. Ce rallye avait fait dire à Fred Vauclare à coté de moi ce jour là "heureusement qu'on sait ce qu'on vaut !!!" cette réflexion nous avait bien fait rire !!.
En 2004, après une mise en jambe au Vivarais avec une 2e place de classe mais loin au général, l'année avait commencé fort puisqu'à la Caillette, nous étions 2e du groupe et 1er de classe jusqu'à 500 m de l'arrivée où nous avons perdu.......un FUSIBLE !!! L'abandon le plus frustrant de ma carrière mais nous avions fait notre premier temps de groupe devant POUDREL, VIALLET, ROUDET ce qui fait toujours plaisir car ce ne sont pas des tendres en spéciale. Cette année là se finira par une 2e place de groupe et une victoire de classe au Picodon, après un Saint-Marcellin qui aurait pu être mieux (20e au général quand même...) et un cardan cassé à l'Ecureuil.
A l'inter-saison, maintenant que les résultats devenaient intéressants avec cette auto, j'ai décidé de lui refaire une beauté, la voilà aux Vivarais 2005 :
Ce jour là, nous finirons 2e de classe et 3 du groupe après une énorme bataille avec Jean-François FOROT. Malheuresement, le reste de la saison fut beaucoup moins glorieux et tous les rallyes furent entachés de petites bricoles qui nous ralentissaient ou nous arrêtaient net (faisceau électrique, casse d'un triangle au trièves puis de la direction au Picodon). Je sentais ma motivation s'émousser au fur et à mesure et l'apothéose a été atteint au Haut-Lignon qui a été une suite d'ennuis (tête à queue, faisceau, pilote pas du tout en confiance...). C'était décidé, je vendais tout, j'arrétais.
L'anecdote dans tout ça est que Bruno ROUCOULES a fini mes 3 dernières autos ! Il était a chaque fois à coté de moi dans la sortie de la GT Bleue, de la Orange et m'a trainé tel un boulet au Haut-Lignon. Pas glorieux comme sortie....
A cette époque, je ne savais pas qu'après un an de sevrage, je recraquerai pour une monoplace en côte. L'ambiance et le pilotage me manquaient trop mais je ne voulais pas refaire des heures et des heures de mécanique. En plus, toute la famille attendait cela aussi... nous voilà donc partis pour de nouvelles aventures mécaniques.....
Je profite de cet article pour remercier tous mes copilotes durant ces longues années :
- Laurent Berthelin
- Philippe Roquet
- Patrice Roissac
- Hubert Brun
- Laurence Bruyère
- Jérôme Blachier
- Fred Vauclare
- Bruno Roucoules
- Jean-Paul Caille
- Fred Bonnave
- Vincent Groulier
- Doris Matteï
- Jean-Marc Dubois