Deux semaines après Issoire, c'est à Courpière près de Thiers que nous allons courir. Nous espérions avoir avec nous Denis et Sylvette mais l'état de Denis ne le permet pas encore,
croisons les doigts pour Cacharat.
Christine et moi avons pris notre vendredi de congés, cela nous laisse du temps pour charger les véhicules tranquillement et cela va aussi nous permettre de partir de bonne heure dès la sortie de
l'école pour rejoindre le parc.
Au fait, ne cherchez pas trop les photos sur cet article, Loïs a perdu l'appareil à Courpière, donc rien à me mettre sous la dent pour ce résumé.
Nous partons donc un peu avant 17 heures. Et alors là : bingo, jamais un trajet n'avait autant posé de problème !! Ca commence par une heure et demie de bouchon à Tain (2 heures, 25
kilomètres ! Bravo), ça continue par un rond-point modifié qui m'oblige à faire un demi-tour savant avec le camping-car et la remorque dans une impasse, on continue avec des travaux dans le
col de la République et on finit par une belle galère à Saint-Etienne sous la pluie avec une rocade surchargée et bien glissante. Après tout ça, nous prenons enfin l'autoroute jusqu'à Thiers et
là, tout va bien, le bonheur... Nous arrivons vers 21 heures 30 au lieu de 20 heures mais on est là.
Le temps de s'installer et de garer les véhicules, nous pouvons entamer la soirée. Nous sommes bien évidemment à côté de Marco et toute l'équipe habituelle, il y a aussi la famille COQUET et nous
sommes rejoins plus tard par Sébastien CHABIN et Stéphanie qui eux aussi ont bien galéré pour venir à cause de l'éclairage de la remorque.
Nous passons une bonne soirée qui se finira vers 2 heures, il faut dire que pour une fois on est pas congelé (en un seul mot !)...
Le lendemain matin, un peu de repos et j'attaque tout de suite la journée par les recos, c'est l'occasion de croiser beaucoup de monde et de tailler la bavette. La matinée s'écoule calmement,
Philou nous rejoint. Maintenant, pas mal de monde est là, du coup l'apéro se prolonge et nous ne mangeons guère avant 3 heures. C'est les vacances.
Ensuite, chacun s'occupe entre la sieste, les vérifs, la pétanque, les recos etc....
Vers 20 heures, les premières inquiétudes arrivent sur le fait que l'on ait pas commencé l'apéro !!!... Mais elles sont vite dissipées et je crois qu'on a battu un record sur le nombre de
personnes présentes !! Tout cela se fait calmement ou presque.
Nous commençons le repas un peu tard, mais il fait encore jour, ça ne donne pas envie de se presser.
Je me couche vers minuit après avoir été gagné par la fatigue, j'attends toujours pour me coucher car si je vais au lit trop tôt, je passe mon temps à tourner en gambergeant pour la course...
La nuit est bonne, nous nous réveillons sous le soleil.
Il y a plus de 100 voitures engagées, avec un beau plateau de voitures ouvertes. Voici la liste : http://www.asadomeforez.com/Documents/Courpiere/09-Partants.pdf
Dans mon esprit, les 4 premières places sont déjà attribuées à Daniel, Eric BROTTES avec leurs F2, Jean-Pierre BOUCHARD et Nicolas VERDIER très rapides avec leurs F3 et en plus en bride de 26.
Derrière, ça devrait être une dure lutte (sans jeu de mot) entre Sébastien et sa LAB à moteur d'Hayabusa, David ROCHE, Didier MAS et moi. On ne sait pas ce que nous réserve Marco capable du
meilleur comme du pire.
Nous nous mettons en place pour la première montée d'essai, j'y vais calmement pour m'habituer aux délestages avec la F3 sur ce tracé particulier mais qui me plaît beaucoup. Je m'applique sur les
trajectoires et je respecte mes prévisions sur mes rapports jusqu'au dernier gauche que je décide finalement de passer en 4 pour voir si je ne suis pas trop en sous-régime à la sortie, ça marche.
Je suis 5e mais cela n'a pas grande signification à cet instant.
Pour la 2e montée, je décide de rouler plus fort pour valider ce que je vais faire en course. Je roule bien, et là surprise : je suis 4e à 4 centièmes de Jean-Pierre BOUCHARD qui découvre certes
le terrain mais qui est malgré tout une sacrée référence en F3. Nous sommes 5 pilotes dans la même seconde, la bagarre va être sévère ! Au cours de cette montée, David ROCHE est sorti fort et a
bien abimé son auto, il fera même un petit tour d'ambulance, mais finalement rien de grave heureusement.
Retour au campement pour midi, changement des roues, charge de la batterie et essence sont au programme. On est un peu dans l'expectative car le ciel s'assombrit, mais les gens du coin disent
qu'il ne pleuvra pas.
Le repas est calme, bien malin à ce moment celui qui donnera le classement final.
Il est enfin temps de se repréparer, il y a beaucoup d'engagés alors nous avons du temps devant nous.
Je fais chauffer l'auto et je me rends en prégrille, je suis bien installé, concentré et pas trop tendu. Ici l'accés en prégrille est assez plat donc je n'ai pas trop de souci avec mes
coupures.
Je ne sais pas si j'apprécie ce moment ou si je le crains, j'ai souvent mal au ventre mais c'est en principe bon signe pour la suite. A cet instant, on sait que l'on va vivre quelque chose de
fabuleux, que peu de gens imaginent et ont l'occasion de faire dans leur vie. Aujourd'hui, j'arrive bien à faire le vide et quand j'arrive sur la ligne seul le feu et le premier virage
comptent.
Première montée de course :
Orange, Vert, je met l'auto quasiment au rupteur et je lâche rapidement l'embrayage, peu de patinage, ça part fort. Je me jette dans le premier gauche en prenant bien soin de sortir à
l'intérieur, passer la 3 et commencer les enfilades. Le premier pif-paf passe en 3e et dès que l'on peut, on met la 4 et on essaye de rester à fond le plus possible, là l'auto monte,
descend, et vole de canivaux en canivaux qu'il ne faut bien évidemment pas trop toucher. la fin de l'enfilade est facile, mais on finit par un gauche très particulier. C'est une des clés de la
montée car si on se ralentit trop à cet endroit ça coûte cher en temps. Contrairement à ce que je faisais avant, je me jette en 4e dans ce dernier gauche sans trop me ralentir. Le moteur repart
bien et la 5e est rapidement passée. Un petit instant de répit et arrive le gros freinage de l'épingle droite (qui n'en est pas vraiment une en fait). 5,4,2 je rentre un peu fort, mes roues sont
quasiment sur la bordure mais je reste bien accéléré. Le gauche qui suit peut se rentrer très tôt car il ouvre pour la ligne droite. 3,4,5, je passe le léger gauche du chemin en soulageant
légèrement, là c'est vite, je ne l'avais jamais fait celui-là, je me laisse écarter légèrement sur la droite, tombe la 4 et je me jette dans le dernier gauche. Celui-là, contrairement au
dernier gauche des enfilades, je savais que je pouvais le faire car Denis l'a fait l'an passé en pleine bagarre avec Sébastien. Je laisse élargir près du rail et je jette un oeil au compte-tour
(c'est rare d'avoir le temps) 6000 tours, je mets donc la 5 pour les derniers mètres de la montée. C'est l'arrivée, je sais que j'ai bien roulé, j'ai un peu peur d'avoir trop attaqué alors il
faut voir le temps.
En haut, nous ne savons rien sur les chronos, nous discutons un peu et nous redescendons.
Enfin arrive le moment où on nous donne la feuille de temps ! Je regarde : 40'42 ! C'est le 4e temps à 1 centième de Jean-Pierre et devant Nicolas, Sébastien et Didier MAS. Je suis heureux d'être
là, mais....... 1 centièmes..... Il est vrai que je sais que Jean-Pierre devrait être plus vite en principe, mais c'est aussi un signe que cette course n'est pas si facile.
Devant, la bagarre n'en est pas moins chaude, BROTTES est en 39'50 et Daniel en 39'56... De même, derrière, Sébastien qui a un petit souci de chaîne et Nicolas ne sont pas encore battus, de même
que MAS premier des protos avec sa Norma.
Pas respect pour mon Président d'Asa, je ne dirai rien sur la performance de Marco....
Voilà une belle caméra embarquée qui vous permettra d'apprécier ce magnifique tracé : http://www.dailymotion.com/relevance/search/COURPIERE+2009/video/x9nmad_course-de-cote-de-courpiere-2009-au_auto
Entre les 2 montées, peu de chose à faire à part l'essence, j'en profite un peu pour ranger la remorque et gagner du temps pour le soir.
C'est de nouveau le temps d'y aller.
Je sais qu'il ne me sera pas facile d'améliorer beaucoup, mais je vais quand même tenter le coup.
Deuxième montée de course :
Je reprends un bon départ. Dans les enfilades, j'ai la sensation d'être plus vite mais, dans le gauche qui commande la ligne droite, j'ai la sensation de me ralentir un poil trop. Bon c'est fait,
je suis un peu déconcentré et du coup je me rate sur le freinage avant l'épingle, je ne rétrograde pas de la manière prévue et je tricote un peu mes vitesses. Je m'en veut dans la voiture,
d'ailleurs Delphine me dira après qu'elle m'a vu secouer la tête et qu'elle a pensé que j'avais fait une erreur quelque part. Contrairement à ce que je faisais lors de mes débuts en monoplace, je
décide de continuer à attaquer car on est parfois surpris par son chrono malgré une erreur, je prends les 2 derniers gauches très vite et la sensation est fabuleuse.
Je passe la ligne sans encombre, mais une fois en haut je pense que je ne ferai pas mieux qu'à la première montée. Je fais finalement 40'59, je n'ai même pas perdu 2 dixièmes malgré l'erreur de
l'épingle. Il est certain qu'elle ne m'a pas coûté une seconde mais je pense que quelques dixièmes se sont malgré tout envolés et j'aurais certainement dù améliorer mon chrono.
Pendant ce temps, tout le monde améliore parmi les monoplaces de tête, Sébastien me passe devant pour 2 dixièmes et Nicolas VERDIER pour 3, je suis donc 6e mais quand même en plein dans la
bataille.
A la redescente, tout le monde me demande les bras au ciel qu'est ce que j'ai fait pour perdre 2 places au lieu de passer devant Jean-Pierre BOUCHARD !!!.... C'est bien et très gentil
d'avoir confiance en moi, mais en même temps, il ne faut pas oublier que ce n'est que ma 10e course en F3 alors que Nico VERDIER est déjà à 5 ou 6 saisons avec sa 396 et que Jean-Pierre ne
doit pas être loin des 200 victoires en côtes et je ne vous parle même pas du nombre de participation... Il faut donc remettre les choses à leurs places et revenir sur terre, je suis déjà plus
que satisfait de me trouver si proche d'eux, surtout si on tient en plus compte de la bride.
D'ailleurs, même s'il faudrait vérifier tous les classements mais j'en ai déjà vu un bon nombre, il me semble qu'en F3 en bride de 24, seul Michel SUDRE est allé plus vite que moi sur ce tracé et
pourtant il n'est pas venu que des tendres ici... On ne peut donc pas demander l'impossible.
Même si je suis un peu déçu, je reviens au parc remonté comme un coucou pour essayer d'améliorer dans la 3e montée, pour ça, je reprépare l'auto et surtout je rape mes 4 pneus pour qu'ils soient
parfaits. C'est long et épuisant.
Une fois fini, je discute un peu avec Sébastien CHABIN et on se fait la réflexion que l'on entend plus partir les autos depuis un petit moment mais, pris par nos occupations, nous n'avons pas
fait vraiment attention. C'est à cet instant que nous entendons les pompiers.
Nous comprenons que quelque chose est arrivé. La RALLYE II de Christophe AUCAN a percuté un arbre à la fin des enfilades et le choc a été très violent. Marco part pour apporter son aide. Nous
comprenons vite que c'est grave d'autant que nous voyons arriver l'hélicoptère.
Ces moments sont toujours très angoissants et lourds, nous savons déjà que nous ne ferons certainement pas notre dernière montée car cela fait déjà presque 3/4 d'heure que nous attendons.
Marco redescend, il nous confirme que c'est grave et que la course ne repartira pas. (Au jour de ce résumé, le pilote s'est réveillé, mais lui aussi aura une convalescence très longue,
nous lui souhaitons beaucoup de courage ainsi qu'à son entourage).
Nous rangeons tous nos autos dans une ambiance que nous connaissons parfois mais que personne n'apprécie.
Le classement reste donc celui qui a été établi après la 2e montée : http://www.asadomeforez.com/Documents/Courpiere/09-Classement-final.pdf
Des résumés groupe par groupe et des photos se trouvent là :
http://auverdose-racing63.blog.fr/2009/06/23/course-de-cote-de-courpiere-2009-6372529/
http://auverdose-racing63.blog.fr/2009/06/23/course-de-cote-de-courpiere-2009-6372247/
http://auverdose-racing63.blog.fr/2009/06/23/course-de-cote-de-courpiere-2009-6372016/
Nous aurions tous aimé faire cette dernière montée pour voir comment se serait fini la bagarre mais cela n'a plus guère d'importance à cet instant.
Après avoir tout rangé, nous restons un peu au campement et nous nous rendons à la remise des prix qui ne connait bien évidemment pas la même ambiance que d'habitude car à cet instant, le sort de
Christophe AUCAN est encore bien incertain.
Nous partons de suite après la remise, le retour sera heureusement plus facile que l'aller.
Maintenant, une petite trève de 2 week-end et nous arriverons au 12 juillet, là nous avons 2 courses en 3 jours (Cacharat le 12 et Durol le 14), encore une drôle d'expérience à venir mais ça
devrait être intéressant.